Malgré une abstention record, ne boudons pas notre plaisir !

Publié le par Intercentre CFE-CGC Alcatel-Lucent

Ces élections prudhomales 2008 ont vu un événement social considérable : l'invalidation de  la position confédérale de la CFDT au plan national. Nous en laisserons chacun interpréter les raisons.

 La CFE-CGC ALCATEL-LUCENT ne se définit pas comme anti-CFDT et nous rendons hommage à ses militants et à son action au sein du groupe ALCATEL-LUCENT .  Nous savons qu'ils ont mené une campagne dynamique , active, à l'écoute des salariés : ils ne sont pas en cause dans ce résultat.

Par ailleurs la CFE-CGC ne se définit pas même comme anti-MEDEF mais défendant une vétiable politique industrielle , des salaire élévés et le développement de l'emploi en France et en Europe ; nous sommes logiquement de plus en plus en opposition frontale avec celui-ci, compte-tenu de son comportement depuis 10 ans.

Le flou dans l'organisation de ce scrutin  et l'inéquité médiatique (si on compare  à des événements d'importance similaire) ont provoqué  une baisse marquée  de la participation . Regrettons le. Nous aurions préféré faire un moins bon score avec une participation de 75% .

Mais ne soyons pas dupes :   cette abstention  est un effet une  volonté délibérée tant des politiques que du patronat.
C'est jouer avec le feu, car les insatisfactions sociales non organisées sont socialement destructrices.
Vivre en société c'est entendre ceux qui ne vivent pas une vie facile, ce n'est pas les détourner de s'exprimer.
En ce sens ce taux d'abstention devrait inquiéter même les plus ultra-libéraux; quand la révolte sociale grondera,
ils verront que l'abstention n'était pas pour eux  un bon signe.

Dans ce cadre la CGT progresse fortement , cela ne peut nous réjouir en  soi, mais doit alerter tout ceux qui veulent brader le modèle social français : veulent ils un retour aux années d'affrontement classe contre classe ?

La CFE-CGC  avec courage, sans moyens, A PROGRESSE DE 1,2 % et passe à 8,2 % tous colléges confondus  ET RECUPERE NETTEMENT LA PREMIERE PLACE DANS LA SECTION ENCADREMENT ! Etonnant compte-tenu des handicaps de cette élection pour la CFE-CGC  qui perd traditionnellement en route 50% de ses électeurs par rapport aux élections CE . L'entreprise est leur domaine, pas les agitations .

Le message de notre secrétaire général confédéral qui a tant "mouillé" le maillot pour ces élections :

"Bien Chers collègues, Les résultats de ces élections pour lesquelles nous avons jeté nos forces dans la bataille sont un grand sujet de satisfaction. Non seulement nous avons regagné notre première place dans la section encadrement, mais nous le faisons avec 5% d’écart sur la CFDT !! Tous collèges confondus, nous gagnons 1.2% pour un pourcentage total de 8.2%. En conclusion du Zénith, nous avions dit que nous pouvions le faire (yes we can) et bien nous l’avons fait ! Vous l’avez fait. Bravo à tous car quels que soient les moyens déployés (financiers ou techniques) rien n’aurait été possible sans l’effort intense des militants dans leurs unions territoriales… Merci de tout cela. Ainsi donc il est prouvé que les travaux de recomposition du paysage syndical (notamment avec l’UNSA) n’ont pas été pénalisants. J’ose dire au contraire… Nous confortons très largement notre position chez l’encadrement et le bond en avant est plus que significatif. Le vote cégétiste est, selon moi, normal en cette période de crise. L’angoisse, la peur, l’idéologie aussi sont de puissants moteurs pour favoriser le vote contestataire. Le vote réformiste que veut incarner la CFDT a fait long feu. Le thème n’est pas porteur parce qu’il n’est qu’un mot ! Les autres centrales syndicales traditionnelles reculent. Cela signifie qu’il existe une brèche, un trou, pour développer une offre nouvelle qui aille bien au-delà de la revendication ; une offre qui prenne en compte la vie des individus, leurs vies multiples même tout au long de leur existence… Bref une nouvelle offre syndicale citoyenne et sociétale. Plus que jamais, la Direction Confédérale est convaincue de l’impérieuse nécessité de recomposer le paysage syndical et de l’opportunité que nous avons à le faire tout au long de l’année 2009."

La CFE-CGC ALCATEL-LUCENT partage la position confédérale, certes le rapprochement avec l'UNSA va nécessiter beaucoup de travail, de technicité , de dialogue mais comme les élections le prouvent . Il faudra ensuite tendre la main à la CFTC qui est de facto dans une impasse stratégique malgré tant de militants de valeur.  Ce rapprochement  est le début de la constitution d'un véritable pôle  réformiste: c'est à dire réaliste mais qui ne brade pas les intérêts des salariés au nom de présupposés idéologiques extérieurs au rôle d'une organisation syndicale. Non il n'y a pas de fatalité à la régression sociale même avec un mouchoir offert avec un joli sigle dessus ...

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un syndiqué CFE-CGC 07/12/2008 10:38

2 commentaires sur cet intéressant article :

1° Sur l’inéquité médiatique
Il était frappant de constater que le lendemain du scrutin lorsque les résultats ont été enfin connus, ceux apparaissaient dans les informations sur la plupart des radios après les faits divers !! Alors que ces élections concernent 20 millions de salariés (sans compter leurs familles) et que les tribunaux de prud’homme traitent 200.000 affaires par an.
Décidément la presse française s’américanise de plus en plus : priorité au sensationnel plutot qu’aux analyses de fond, contribuant ainsi de plus en plus à la pensée unique et à la médiocrité de l’information.

2° Sur la 1ère place de la CFE-CGC dans l’Encadrement, largement devant la CFDT

Vous la trouvez étonnante, compte-tenu des faibles moyens de la CFE-CGC. Certes… mais je la trouve surtout logique.
Malgré la désinformation généralisée, les cadres et l’encadrement en général ont fini par se rendre compte que la CFDT ne les défendait pas, et même pire agissait contre leurs intérêts. Les exemples abondent : sur les salaires, les retraites…Je n’en prendrai que 2 très récents :
- lors de la manifestation cet été au Sénat pour défendre le temps de travail et les RTT des cadres, la CFDT était totalement absente (paradoxalement la CGT y était)
- pendant les négociations en cours sur la réforme de l’assurance chomage, la CFDT a fait des propositions désavantageant nettement les cadres en proposant une forte dégressivité de l’indemnisation en fonction du salaire.
La seule organisation syndicale à défendre tous les salariés, sans faire de discrimination entre les cadres et les autres catégories sociales, c’est la CFE-CGC, et donc il est logique que les cadres lui fassent prioritairement confiance.