Une Recomposition pénible mais nécessaire : le rachat 3G Nortel acté en Comité Central d'entreprise

Publié le par Intercentre Alcatel CIT CFE-CGC

2006 aura été pour l’industrie des Télécoms l’année de la recomposition avec après le rachat de Marconi par Ericsson, le rapprochement Nokia-Siemens dans le mobile et bien sur la fusion ALCATEL-LUCENT.

Les acteurs se concentrent avant l’irruption d’un équipementier chinois comme principal concurrent à l’égal de CISCO voire plus dangereux car frontalement opposé dans toutes les gammes d’équipements.

  Dans ce contexte, il était clair que compte-tenu des structures de coûts l’emploi en Europe et en France notamment R&D allait souffrir.  

Il ne s’agit donc pas pour les organisations syndicales de gérer une situation idyllique dans une économie administrée ou subventionnée. Mais de distinguer, dans les actes de gestion et les choix technologiques de l’entreprise, ce qui relève de la nécessité, fait sens, et ce qui est une tentative d’accélérer des tendances ou d’en profiter pour maximiser les profits aux dépens des salariés.

Le rachat des activités 3G de Nortel a un sens pour le nouvel ensemble ALCATEL-LUCENT. Compte-tenu de la très faible part de marché d’ALCATEL dans l’UMTS et l’absence totale de Lucent dans ce segment, il était capital pour le nouveau groupe de se positionner comme un acteur pérenne 3G par ce rachat. Cela permet d’élargir les références clients tout en crédibilisant  la transition vers le Wimax et la 4G.

 D’un point de vue social, pour les salariés ALCATEL CIT le rachat est, malgré leur implication exceptionnelle, difficile à vivre au quotidien.

 Difficile quand justement, entre autre, à cause d’un sous–investissement chronique en France, suite aux arbitrages favorables à l’ Allemagne, la Chine et la Roumanie, et à un retard au démarrage l’histoire de l’UMTS ALCATEL en France a toujours été celle d’un commando survie.

 Quand par des efforts constants et démesurés (crash program, horaires exceptionnels, trois releases en parallèle pour les mêmes …) ils avaient réussi à survivre et atteindre une cohérence technique ils doivent remiser leurs plans et certaines de leurs compétences au placard pour une convergence réussie avec la solution ex-Nortel.

 Pour les salariés Ex Nortel Network SA ce rachat, bien que rassurant à certains égards ALCATEL-LUCENT étant une société de droit Français et les équipes dirigeantes se connaissant un peu en Ile de France, se traduit par une séparation en deux du corps social, chacun se demandant où l’avenir sera le moins sombre.

  En effet sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, aux difficultés du secteur Nortel à ajouter des imprécisions comptables qui rendent très délicat la lecture de ce qui reste de ce groupe.

 De plus, la vente de la 3G et le fait que la 4G et le Wimax ne seront pas développés en France ne laisse pas beaucoup de perspectives au nouvel ensemble résiduel Nortel France.

  C’est pourquoi la CFE-CGC s’est attachée à maximiser le nombre de salariés transférés dans le groupe ALCATEL.

  C’était une nécessité opérationnelle pour garantir le succès de la reprise du RNC Nortel et sécuriser nos clients mais aussi un devoir de solidarité nationale dont nous savons que les salariés ALCATEL CIT le comprendront.

 Car pour la CFE-CGC la recomposition pour nécessaire qu’elle soit sera aussi, nous le déplorons, mais le savons, pénible. En effet le nouveau groupe ALCATEL-LUCENT a annoncé des objectifs de réductions de coûts impliquant des réductions d’effectifs qui sont  rappelées dans le rapport d’expertise.

 Ceux-ci sont d’ailleurs sous-évalués dans le périmètre de ALCATEL CIT et de la nouvelle activité 3G ALCATEL-LUCENT puisque le ratio de réduction s’appuyait auparavant au niveau du groupe sur un périmètre intégrant les activités spatiales.

  Aussi malgré les déclarations rassurantes en CCE, indiquant clairement qu’un redéploiement des salariés de l’activité mobile se fera vers les technologies de la prochaine génération ( WIMAX, SDR, 4G, 3G LTE  …). 

La CFE-CGC qu’elle devra là-aussi se battre pied à pied pour minimiser le nombre de réductions d’emploi, garantir l’équité entre les salariés  et des conditions satisfaisantes pour tous ceux qui participeront à l’avenir de l’activité et les autres.

    Les conditions juridiques du transfert ( L122-12 ) et la forme prise sont maintenant totalement déterminées, la CFE-CGC plaide pour une intégration totale rapide de l’activité dans ALCATEL CIT qui est la seule à avoir un sens opérationnel et juridique.

Il serait scabreux de gérer longtemps en parallèle dans deux filiales séparées du groupe une activité aussi intégrée que celle qui va résulter de l’intégration des équipes de la radio 3G Nortel et de MRD.

Par ailleurs l’arrivée d’une localisation à Chateaufort dans le périmètre de ALCATEL CIT plaide pour une remise à plat du projet Montaigne, à cet égard tout ce qui permettra de sauvegarder l’emploi sera positif.

Publié dans Alcatel-Lucent France

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