A propos de la BCE, du G20 et de l'économie réelle

Publié le par Intercentre CFE-CGC Alcatel-Lucent

Nous reproduisons ci-dessous 2 articles parus aujourd'hui même dans la lettre confédérale de la CFE-CGC.

 

Pathétique

La nomination de Mario Draghi à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE) est un pur scandale. Un peu comme si les Américains avaient propulsé en son temps Al Capone juge à la Cour suprême. Ancien vice-président pour l’Europe de la banque Goldman Sachs (2002 à 2005), il a suscité et couvert les magouilles et camouflages pour la présentation du budget de l’État grec. Il a fourni toutes les informations utiles à son employeur pour spéculer sur la dette grecque à partir de 2009. On connaît la suite. Voilà qui met sacrément à distance la crédibilité du bla bla qui a conclu le G20 de Cannes la semaine dernière. Et pourtant, force est de reconnaître que la présidence française s’était démenée pour imposer sa marque. Pour la première fois, les organisations mondiales, représentatives du monde du travail, étaient invitées à contribuer aux réflexions autour du B20 (B pour business, les employeurs) et du L20 (L pour Labour, les travailleurs). La CFE-CGC y était avec son président Bernard Van Craeynest. Nous avons contribué au communiqué commun qui exhorte les dirigeants de la planète à faire des sujets sociaux et de l’emploi « une priorité absolue », rappelant qu’« il ne fait  aucun doute que c’est l’économie réelle, les travailleurs et les employeurs qui sortiront l’économie mondiale de la crise ». En réponse, l’atermoiement des grands de ce monde a quelque chose de pathétique. Les pays émergents hésitent, Pékin fait la moue et Obama ne veut rien céder. L’Europe reste seule (sans la Grande-Bretagne, bien sûr) à vouloir avancer sur la taxation des flux financiers. Et pendant que ces derniers se félicitent que le peuple grec ne soit finalement pas invité à exprimer sa souveraineté sur les mesures qui vont sceller son destin, pendant que continuent de se préparer les restructurations du personnel employé des grandes banques afin de boucher les trous béants créés par ses dirigeants cupides, les voyous sont à l’oeuvre. Plusieurs pays sont désormais dans la ligne de mire des marchés. Aujourd’hui l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Demain la France et la Belgique.
Tout le monde est à sa place et Mario Draghi veille. Mais aux intérêts de qui ?

 

L’oubli de l’économie réelle
La CFE-CGC était partie prenante des débats du Labour 20, dans le cadre du G20 de Cannes, les 3 et 4 novembre 2011. Elle dénonce les «dérives et excès de quelques financiers irresponsables » pour exhorter les responsables des nations réunis à Cannes à «revenir aux fondamentaux de la finance qui sont d’aider les TPE, les PME/PMI et les grands groupes à se développer». Un bon moyen d’y parvenir serait de taxer les «transactions purement spéculatives» de manière à réorienter la finance au service de «l’économie réelle». Hélas ! regrette la CFE-CGC, «il est plus difficile de s’attaquer à ce puissant lobby qu’est le secteur financier que de s’attaquer aux classes moyennes que nous sommes». 

 

Publié dans Economie

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