Externalisation de l'Informatique : HP jette le masque !

Publié le par Intercentre CFE-CGC Alcatel-Lucent


Nous avions alerté dès avril 2009 la direction générale d' ALU sur les risques économiques, opérationnels et sociaux de l'externalisation de l'informatique interne du Groupe :
Externalisation de l'informatique : une aberration économique et opérationnelle.

Mais nous étions encore beaucoup trop naïfs et nous ne pensions pas avoir, malheureusement, raison si tôt.
Moins de 4 mois après l'entrée en vigueur
du contrat d'externalisation de l'informatique le 1er décembre 2009, HP jette le masque,ne cherchant même plus à sauver les apparences, incapable de réfreiner sa cupidité et son cynisme
 
Malgré la loi du silence et la chape de plomb qui règnent sur le contenu et l'exécution de ce contrat, des  informations
inquiétantes , certes partielles mais concordantes, nous remontent en effet du terrain.

1) Sur les aspects économiques

  • sur la réduction des coûts

Concernant les prestations non standards, c'est  l'explosion des coûts dans les offres HP :
- serveurs 30% à 40% plus chers
- cout de l'homme/jour multiplié par 2
- cout des projets multipliés par 2 à 3
- couts prohibitifs des services World Class demandés par ALU
- etc...


  • sur les nouveaux contrats gagnés grâce au co-sourcing avec HP

Pour l'instant, nous n'avons connaissance d'aucun nouveau contrat gagné grâce au "co-sourcing" , qui ressemble de plus en plus à un marché de dupes, même si c'est un peu tôt pour porter un jugement définitif.

2) Sur les aspects opérationnels

De nombreux salariés se plaignent de la dégradation de la qualité de service et de l’accroissement très significatif des délais pour la résolution des incidents.
La direction informatique du groupe tente de sauver la face du visionnaire Rahier, grand prêtre ordonnateur des projets d’externalisation d'ALU, en démontrant par le biais d’indicateurs internes qu’il n’en est rien.
Sauf que l' on peut avoir de sérieux doutes sur la pertinence de ces indicateurs.
C'est ainsi par exemple que :
- les équipes en charges de la résolution des incidents ont reçu comme consigne de suspendre dès qu’ils le peuvent les compteurs SLA (passage des incidents dans l’état « Wait ») sous n’importe quel motif afin de reporter la responsabilité des retards sur les clients (les victimes des incidents)
- les enquêtes de satisfaction relatifs au traitement d’ un incident ne sont envoyées aux utilisateurs que si l’incident est résolu !!!! les utilisateurs, pas dupes, ne sont d’ailleurs que 10% à répondre à ce type d’enquête.

Ces dysfonctionnements se traduisent par une perte  de temps et d’énergie pour arriver à obtenir la résolution des incidents et surtout par une baisse de la productivité pendant la durée de réparation des pannes informatiques. N'oublions pas que pour plus de 95% des salariés ALU, l'outil informatique est l'outil de base, sans lequel on ne peut rien produire.


3) Sur les aspects sociaux

Les malheureux salariés Alcanet transférés de force chez HP/EDS, sont en train de découvrir les pratiques sociales à la fois d'un groupe américain pur jus et celles d'une SSII.
Certains se sont vus par exemple suspendre toute mesure d'augmentation et de  versement de bonus, tant qu'ils n'auront pas suivi certaines formations à distance "obligatoires".
D'autres ont été conviés à des "réunions d' intégration", où  on leur a clairement laissé  entendre, qu'une fois passée la période  contractuelle de protection de 18 mois, la mobilité géographique sera la règle. Ces méthodes de voyou, largement pratiquées dans les SSII, n' ont pas d'autres objet que de pousser les salariés à la démission, dans l'hypothèse  probable de la délocalisation de la majeure partie des activités d'Alcanet dans les pays à bas coût, où HP est implanté. Il faut bien garder à l'esprit en effet que plus de 90% des activités Alcanet peuvent être pilotées à distance et que HP n'hésitera pas à tout faire pour accroitre ses profits, au mépris de sa responsablité sociale.


Les représentants du personnel ALU comme HP se sont vus refuser l'accès au contrat d'externalisation. Nous ignorons donc la nature des clauses de réversibilité  de ce contrat ainsi que les délais pour leur mise en oeuvre.
Mais nous exhortons la direction générale d'ALU à réfléchir sérieusement dès maintenant à un retour en arrière, avant que des dégats irréparables ne soient commis. Le groupe ALU, déjà fortement fragilisé par la fusion avec Lucent et la concurrence chinoise, n' a vraiment pas besoin de cela.


Publié dans Groupe Alcatel-Lucent

Commenter cet article

dy 08/04/2010 20:43


En 2007 HP était fier d'annoncer un contrat d'externalisation d'une multinationale : http://www.hp.com/hpinfo/newsroom/press/2007/070814a.html
Il faudrait un retour d'expérience sur ce fameux contrat global signé pour 7 ans


Informatik SNCF 08/04/2010 20:38


Vous laissez pas faire les gars !

Nous sommes à la SNCF dans le même cas que vous avec comme sangsue IBM (peut être notre projet est moins avancé que le votre)==> http://www.cortis.fr

Tout part en sucette, il va nous rester quoi en France comme boulot ?


Un sous traitant. 25/03/2010 11:14


Malheureusement, l'informatique déja délocalisée en Pologne, au Brésil autres pays "low-cost" ( Visiblement pas low-cost pour tout le monde) continue à être dépouillée. Je suis prestataire depuis
9ans et j'ai vu mes collègues partir les uns après les autres. Aujourd'hui les effectifs sont au minimums et les plateaux délocalisés font un travail exécrable. Mais comme indiqué dans votre
article les statistiques sont bonnes, celles qui ne le sont pas sont tout simplement "corrigées" ou ignorées. Signé : un prestataire bientot au chomage..