L'appel de la CFE-CGC aux actionnaires Alcatel-Lucent

Publié le par Intercentre CFE-CGC Alcatel-Lucent

La CFE-CGC d’Alcatel-Lucent dénonce auprès des actionnaires du groupe
une politique des salaires gelée malgré un certain rétablissement financier.

 

A l'occasion de la tenue de l’Assemblée générale des actionnaires d’Alcatel-Lucent le 8 juin 2012,
la CFE-CGC d’Alcatel-Lucent appelle les actionnaires à réinvestir dans le « capital » humain.

En effet, les salariés du groupe sont confrontés au gel de leur salaire depuis deux ans malgré le repositionnement du groupe depuis 2008 dans une situation concurrentielle. Alcatel-Lucent a en effet annoncé un résultat positif de près d’un milliard d’euros en 2011.  

 

La CFE-CGC dénonce cette stratégie qui freine le groupe dans le recrutement de jeunes diplômés et entraîne le départ de ses experts. La spirale de chaque emploi supprimé en recherche et développement réduit d’autant les capacités de développement du groupe.

Par ailleurs, la CFE-CGC redoute que les investissements dans les pays à bas coût ne soient perdus suite à la rotation rapide des employés après leur formation ou bien contre-productifs avec la fuite des compétences à la concurrence et les problèmes de protection de la propriété intellectuelle qui en résultent.

 

La CFE-CGC invite donc les actionnaires à être vigilants et actifs en s’assurant que les choix concernant le « capital » humain valoriseront aussi leur investissement.

Publié dans Groupe Alcatel-Lucent

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Monique Francois 31/08/2012 17:39

Je viens vous faire part ici de mes remarques d'actionnaire.Je me limiterai à parler des problématiques liées au cours de l'action, non par désintérêt pour les autres problèmes comme l'emploi, mais
parce que ce n'est certes pas moi qui vous apprendrai quelque chose sur ces autres problèmes.

Face à des attaques qui semblent tenir du "stock killing" et/ou du délit d'initié, les autorités de contrôle sont d'une totale passivité et aucune action de l'AMF ni de la justice n'est repérable
par le citoyen de base. De telles actions, si elles étaient déterminées et médiatisées, seraient pourtant de nature à faire réfléchir certains "stocks killers".

Il convient ici d'éviter tout positionnement idéologique "anti-actionnaire" primaire. Il serait d'autant plus mal venu dans le cas d'Alu qu'aucun dividende n'a été versé depuis 2006, ce qui, ajouté
à la baisse continue du cours de l'action, représente une véritable spoliation d'épargnants qui ont autant le droit que d'autres à voir leurs économies respectées.

Sous certains aspects tenant à la défense contre certains hedge-fund, la défense du cours de l'action n'entre pas en rivalité avec les intérêts des salariés, et, même, trop d'indifférence des
autorités à la chute de ce cours pourrait gravement nuire à ces derniers, car Alu est devenu très opéable et peut tomber entre les mains de n'importe qui, dont certains prédateurs qui pensent
qu'Alu serait plus beau mort que vivant. On ne voit guère comment une telle OPA pourrait être empêchée.

Je citerai cette analyse du célèbre cabinet américain Sanford Bernstein répercutée début décembre par les sites boursiers. Je cite :
"D'après l'intermédiaire, l'équipementier devrait se pencher sur le scénario d'un démantèlement. Constatant que le modèle du 'tout en un' à l'origine de la fusion en 2006 s'est soldé par un échec,
l'analyste estime qu'Alcatel-Lucent devrait céder ses activités sans fil ('wireless') pour les intégrer dans un ensemble plus grand et se séparer de ses branches optique et télécommunications
fixes.
Il ajoute que la division de services devrait parvenir sans peine à attirer des acquéreurs, et ce à un bon prix, tandis que l'activité IP – qu'il considère comme le 'joyau de la couronne' – peut
aussi bien poursuivre ses activités en tant qu'entité indépendante que faire l'objet d'un rachat.
Au total, un démantèlement pourrait rapporter, d'après ses calculs, quelque 20 milliards de dollars, créant incontestablement de la valeur pour les actionnaires"
Le démantèlement préconisé est donc complet : Alu est invitée à se débarasser de ses activités tant dans le fixe que dans le mobile (parce que ce sont, d'après Sanford B, des boulets), sans pour
autant oublier les services et l'IP (parce que ce sont d'après lui -surtout l'IP- des fleurons qui se vendraient bien).
En mars, Sanford Bernstein réitère ses conseils de démantèlement.
Les attaques sur le cours de bourse ne laissent pas d'être mystérieuses.

Le 10 février 2012, Alcatel Lucent présente d'excellents résultats annuels 2011.
L'action monte en flèche pendant quelques jours, mais, très vite, elle fait un pas en avant un pas (ou deux) en arrière et devient clairement baissière avant même que les médiocres résultats du
premier trimestre soient dévoilés. Le 26 avril 2012, l'entreprise présente ses comptes relatifs au premier trimestre de l'année. Là, plus d'hésitations : l'action chute de près de 20 % en une seule
journée, et continue de chuter ensuite.
La chute est mystérieuse. Les comptes du premier trimestre sont médiocres sans être catastrophiques, et d'ailleurs, la chute a commencé avant leur présentation. Les volumes sont gigantesques,
possiblement supérieurs au flottant, si bien qu'on se demande d'où sortent les actions vendues. Beaucoup correspondent à des ventes à découvert de hedge funds anglo-saxons, comme on l'apprend après
coup lors de la déclaration obligatoire à l'Autorité des marchés financiers.
Un site internet appelé Alcatel-shareholder.org, tenu par un actionnaire allemand, s'est interessé à tous ces mystères dans plusieurs articles.
Le premier de ces articles est intitulé What's going on with Alcatel Lucent ? Il est daté du 23 avril 2012 : il est donc antérieur au 26 avril, date de présentation des comptes du premier
trimestre, dont la médiocrité aurait pu expliquer une certaine baisse du cours, mais dans certaines limites seulement et en tous cas après dévoilement des comptes et non avant.
Donc, avant même la présentation des comptes du premier trimestre, l'auteur de l'article remarque l'acharnement et surtout les moyens des "vadeurs" (vendeurs à découvert), qui semblent disposer
d'autant d'actions à bazarder qu'ils veulent. L'auteur écrit :
"In Paris 1,66 billion shares have been traded and New York added another 1,245 billion. So in just 10 weeks a staggering 2,906 billion Alcatel shares have been traded.
The numbers are especially impressive if compared to share capital of about 2,25 billion and freefloat of about 1,62 billion, since it means that 50 consecutive days on average 3,6% of free float
was traded (or if you will : dumped) for a grand total of 180% (!) of freefloat."

In french : pendant la période, 2, 906 milliards d'actions ont été échangées, alors que le capital d'Alu est divisé en 2, 25 milliards d'actions environ, dont à peu près 1, 62 milliard pour le
flottant. C'est donc 180 % du flottant qui aurait été échangé. Certes, dans ce genre de trading à très court terme, la même action est échangée plusieurs fois, mais quand même …
L'auteur s'étonne aussi de voir à quel point les "vadeurs" sont surs d'eux, poursuivant leur attaque sans relâche alors même que l'action a beaucoup baissé. L'on précisera ici que, bien entendu,
moins la "vade" part de haut, plus elle est risquée (car le sol est plus proche … mais dans l'affaire qui nous occupe, les attaquants semblent affranchis de cette loi de la nature).
L'auteur émet deux hypothèses (qui ne sont pas inconciliables) :
La première est qu'il y ait eu une fuite d'informations négatives en provenance des services d'Alu.
La seconde hypothèse serait qu'on soit en face d'un cas de "stock killing" ("assassinat" d'action) intentionnel dans le but de s'approprier l'entreprise pour pas cher.
Il pense qu'on est peut-être dans une situation de "naked short selling" (vente à découvert "nue"), et nous explique ce que c'est :
"The unprecedented numbers of sold shares de facto could have its origin in (illegal) stock printing.. just for the purpose of dumping down pps further and further. Theoretically share printing or
naked stock selling can drive pps down to any targeted level. An obvious final goal for such a scheme could be a dirt cheap takeover."
En français : la vente à découvert "nue" s'apparente à la fabrication d'actions et peut en théorie faire tomber le prix des actions jusqu'où l'on veut. Mêmes mécanisme et mêmes effets que
l'émission de fausse monnaie.C'est parfaitement illégal mais, pour autant, on ne voit ni l'AMF ni la justice agir. Soit elles sont totalement passives, soit elles sont bien discrètes. D'ailleurs,
pour empêcher ces magouilles, il y aurait plus simple : interdire la vente à découvert.
Ensuite, il n'y a plus qu'à ramasser la proie pour pas cher. Les gains potentiels sont quasi illimités, d'autant plus qu'il n'y a pas que les actions mais aussi les dérivés :
"Over a final takeover bid all dumped shares can comfortably be recollected and the potential gains from such a scheme are hard to imagine.
One must bear in mind that in such a process also big value in long options, turbos, sprinters will be brought back to zero and on the other side derivatives on the short side can safely be driven
to big value."
Et depuis, ça continue … Les résultats du second semestre sont mauvais aussi, et provoquent à nouveau une chute de près de 20 % en un seul jour. L'action est maintenant tombée sous un euro. La
capitalisation boursière est d'un peu plus de 2,2 milliards.
Un prédateur qui lancerait une OPA à 2 euros déclencherait probablement l'enthousiasme de nombre de petits porteurs spoliés, qui ne trouveraient pas immoral de récupérer ainsi une partie de leur
épargne. Il pourrait donc emporter ALU pour moins de 5 milliards, soit le montant de ses liquidités, ou un peu plus de la moitié de la valeur estimée de ses brevets. Le prédateur pourrait garder
les brevets et fermer la boite. Il les exploiterait d'ailleurs bien mieux ainsi (car celui qui possède des brevets sans fabriquer est moins vulnérable à la rétorsion et peut mieux défendre sa
propriété intellectuelle ; voir ceci.)
Va suivre un autre mail sur un sujet spécifique (je ne mélange pas les sujets)

Espérant que vous montrerez sur ce point, vis à vis des actionnaires, la même solidarité que vous êtes venus demander à l'AG, je vous adresse mes cordiales salutations.

Monique Francois

yoyo 12/06/2012 14:40

C'est gentil d'attirer l'attention des actionnaires sur la démotivation qui découle de ces mesures de sape salariale répétées (depuis 10 ans, dans les télécom).

Mais quand on voit qu'une charrette ("plan social" en novlangue) fait monter une action, le salut est-il vraiment de ce côté?

On voit bien tous les jours que le capitalisme d'investissement n'est plus qu'un lointain souvenir!